Samedi, 07 Mai 2016 12:58

Dominique Attias :« L’Afrique doit se doter d'outils pour accueillir les investissements nécessaires à son développement »

Dominique Attias Dominique Attias

Les barreaux de Paris et du Gabon ont co-organisé du 3 et 4 mai le Campus international à Libreville. Une première en Afrique centrale. Les assises consacrées aux nouveaux défis économiques et aux droits humains, ont été pour Me Dominique Attias, vice-bâtonnière du barreau de Paris, et des confrères et consoeurs d'Afrique, un cadre d’échange. Vice-bâtonnière de l'ordre des avocats de Paris aux côtés de Frédéric Sicard, élu bâtonnier pour la mandature 2016-2017, Dominique Attias est une figure emblématique de la sauvegarde du droit des enfants en France et à l'international. Membre du Comité directeur de l'association Louis Chatin pour la défense des droits de l'enfant, et suite a son entrée au Conseil national du barreau, Dominique Attias a réformé la justice des mineurs au niveau français en créant un groupe de réflexion sur ce thème.
Par ailleurs, cofondatrice de l'association Femmes et droit, membre du conseil d'administration, vice-présidente de l'Association française des femmes des carrières juridiques (AFCJ), membre de l'Association française des femmes juristes (AFFJ), elle occupe le front de la lutte pour les femmes.

Quels sont les termes gagnant-gagnant d'un Campus d'échanges et de formation comme celui organisé entre le barreau de Paris et celui du Gabon ?

Ces Campus internationaux sont une source d'enrichissement puisqu'ils permettent à deux barreaux de se connaître davantage et de nouer des liens prometteurs pour des partenariats futurs. Un Campus international est gagnant-gagnant à partir du moment où, tant les avocats du barreau de Paris que celui du pays d'accueil parviennent à accéder à un niveau de formation qui réponde à leurs attentes professionnelles et à l'évolution de la profession. Au-delà des relations entre barreaux, ce sont également des intérêts communs pour des problématiques identiques qui sont à l'honneur.

Pourquoi avoir choisi ce thème des « nouveaux horizons de l'avocat » ?
La profession d'avocat, compte tenu de l'évolution de la technologie, en particulier du numérique et des télécoms, est à l'aube d'une transformation profonde. Dès lors que le savoir est beaucoup plus facilement accessible par Internet, l'avocat va devoir fournir une prestation qui ira au-delà de la communication du savoir en apportant une valeur ajoutée par l'élaboration d'une stratégie dans les dossiers. En outre, l'avocat doit sortir de sa pratique habituelle et toujours aller de l'avant afin de s'adapter à de nouveaux marchés dictés par ces nouvelles technologies.
Avec l'Afrique, que d'aucuns définissent comme « la nouvelle frontière » en raison de ses promesses en termes de marché, le droit économique est en pleine mutation. Sur quels points convient-il d'échanger pour que tous les barreaux qui sont parties prenantes soient au diapason ?
Il est essentiel que nos barreaux puissent échanger sur la formation de l'avocat, qu'il s'agisse de la formation initiale ou de la formation continue, ce qui est précisément l'objectif de Campus international. Il est important de pouvoir échanger sur nos pratiques professionnelles qui s'enrichissent les unes au contact des autres. Tel est le cas notamment sur la question des maniements de fonds qui est l'un des thèmes de notre Campus.

De plus en plus partie prenante des industries culturelles, l'Afrique est-elle suffisamment pourvue pour protéger ses oeuvres ? Si ce n'est pas le cas, quelles dispositions faudrait-il mettre en place pour améliorer l'efficacité juridique en la matière ?
On assiste d'une façon générale à une reprise en main par les États de leur patrimoine culturel qui a pu être pillé en d'autres temps. Toutefois, le commerce illicite des biens culturels reste une réalité non seulement dans de nombreux pays d'Afrique, mais aussi dans le reste du monde. L'étendue réelle de ces trafics est toutefois difficilement estimable, car les pays communiquent peu d'informations à Interpol et beaucoup ne disposent pas de répertoires ou de statistiques à propos de ces actes criminels. Une réflexion en profondeur doit être menée afin d'identifier l'apport du droit dans la protection des œuvres culturelles et les actions normatives internationales, comme la convention de l'Unesco, doivent également être renforcées et respectées.

L'entreprise africaine, comme partout ailleurs, engage la liberté des hommes, mais aussi malheureusement celle des enfants. Comment comptez-vous promouvoir une culture de droits reconnus pour les uns et les autres dans les campus que vous organisez ?
A fortiori, compte tenu de ma pratique professionnelle en matière de droits des mineurs, je suis particulièrement sensible à la protection des enfants. Elle est de plus en plus reconnue par des actes normatifs à un niveau international qui nécessite encore un respect sur le terrain. Ce sera donc un sujet sur lequel nous revenons à l'occasion des Campus internationaux que nous organisons.
Pour le Gabon, nous traitons principalement des conditions d'incarcération des mineurs au Gabon et de leurs détentions provisoires. Lors de notre manifestation, l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) va présenter son guide Entendre l'enfant victime de violence. Réalisé avec le concours d'experts issus d'une dizaine de pays francophones et de professions différentes, cet outil de travail à destination des professionnels vise à partager les pratiques positives en matière d'écoute, d'entretien avec un enfant victime de violences.

À partir de quand pourra-t-on dire que l'Afrique a quitté les rivages de Terra incognita sur les questions de droits générées par la globalisation, la mondialisation ?
De nombreux pays africains ont mis en place des plans stratégiques pour atteindre le statut de pays émergents. Faisant partie intégrante de l'économie globalisée, certains doivent encore se doter d'outils permettant d'accueillir les investissements nécessaires à leur développement. Le Gabon a compris qu'il ne pouvait plus se contenter de sa richesse pétrolière et a bâti un plan stratégique du Gabon émergent en 2025 dans le cadre duquel il diversifiera ses sources de revenus. Pour ce faire de nombreux outils sont mis en place, comme le droit des partenariats public privé, qui sont promus par le Fonds monétaire international (FMI) dans la région, mais aussi la mise en place de nouveaux outils et de dispositifs d'investissement que sont les zones économiques spéciales.

 

Avec lepoint.fr/Afrique

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