Mardi, 30 Janvier 2018 21:54

Ibrahim Assane Mayaki :” La taxe sur les importations garantit plus de ressources à l'UA “

Les progrès de l'Union africaine se concrétisent à grands pas au cours de ce 30e sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine avec à la clé le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad) qui fait sa mue pour porter le nom de l'Agence de développement de l'Union africaine. Les explications de son secrétaire exécutif, le Nigérien Ibrahim Assane Mayaki.

La question du financement va être abordée dans ce sommet de l'Union africaine au travers des pistes de réformes présentées par le président rwandais, Paul Kagame. Le Nepad est-il concerné par cet enjeu ?

Ibrahim Assane Mayaki : L'aide publique qui vient des pays développés vers les pays du Sud n'existera plus dans dix ans. Cette aide publique est aujourd'hui destinée de moins en moins aux questions de santé, d'éducation... et de plus en plus aux questions de sécurité et de migration. Donc ce n'est plus l'aide classique à laquelle on était habitué. C'est une forme d'aide qui est, d'une certaine manière, dénaturée si on pense développement. Ça signifie que l'Afrique ne pourra plus compter sur des flux d'aide publique au développement. Si vous voyez toutes les rencontres du G7 et du G20, lorsqu'on parle d'Afrique et de l'aide, la nouveauté, c'est de parler du rôle du secteur privé, européen, américain, japonais, dans les projets de développement et sous la forme de partenariats public-privé. Il faut que l'Afrique se rende compte que l'aide, c'est terminé. Les donateurs, qui étaient au centre des politiques de développement il y a vingt ans, n'y sont plus.

Il faut d'abord souligner que cette aide n'est pas très différente de ce qu'on reçoit en versements de la diaspora. Si on compare les flux de l'aide, 25 milliards de dollars, aux flux financiers illicites, plus de 50 milliards, on se rend compte que, si on faisait notre travail à travers de meilleurs systèmes de gestion des taxes, des impôts, des systèmes douaniers, on n'aurait pas besoin de l'aide. Si on réussit à être sérieux sur nos mécanismes de mobilisation des ressources internes, on peut se passer de l'aide.

Par contre, on aura toujours besoin des flux financiers qui viennent des entreprises du Nord pour avoir des partenariats public-privé sur un certain nombre de projets. Focalisons-nous sur la mobilisation des ressources internes. Cela implique de lutter contre la corruption (c'est le thème de ce 30e sommet de l'Union africaine, NDLR) parce que, dans beaucoup de cas, dans nos systèmes de taxation et dans nos systèmes douaniers, il y a des fuites assez considérables et qui relèvent de la responsabilité de nos propres autorités publiques. La corruption est systémique. Dans le rapport du président Thabo Mbeki sur les flux financiers illicites, on lit qu'on a entre 50 et 60 milliards de dollars de fuite de capitaux. Entre 5 et 10 % sont dus à de la corruption. Le reste est d'origine commerciale avec certaines entreprises qui ne paient pas leurs impôts par exemple.

En même temps, on se trouve dans une situation paradoxale au niveau de la Commission de l'Union africaine et du Nepad : 80 % de nos financements par rapport aux activités de développement sur le terrain viennent de l'agence allemande GIZ, de l'Agence française de développement, etc. Cette dépendance paradoxale à un moment où l'aide est en train de disparaître, il faut résoudre cela. Et c'est un des objectifs de la réforme du président Kagame. On a cette taxe de 0,2 % sur les importations qui devrait nous permettre d'avoir cinq à six fois plus de ressources au niveau de la commission de l'UA, participer assez largement aux dépenses qui ont trait aux missions d'intervention sur le terrain telles que les missions de sécurité. Nous considérons que l'Afrique doit participer aux missions militaires comme d'autres pays, car le problème n'est pas seulement africain et que les ressources internes existent.

Avec Lepoint.fr/Afrique
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