Jeudi, 15 Février 2018 14:33

Abdelkrim Boudra : « Diversifier notre économie et réduire notre dépendance des hydrocarbures »

Au nom du think tank algérien Nabni (Notre Algérie bâtie sur de nouvelles idées) fondé en 2011, Abdelkrim Boudra, porte-parole, revient sur le « plan d'urgence 2018 » pour sauver l'économie algérienne. Les membres de ce think tank sont déterminés à permettre à l'Algérie de retrouver la place des champions dans les domaines économique, social et politique.

Est-ce que la situation en ce début 2018 reflète assez fidèlement les appréhensions de votre think tank ?
Le collectif Nabni a alerté depuis 2012 sur les risques d'un modèle économique et social basé sur la rentre des hydrocarbures. Le tassement de nos capacités de production d'hydrocarbures, combiné à la forte progression de la demande nationale en énergie, réduit mécaniquement les quantités disponibles à l'exportation. L'urgence est alors de diversifier notre économie pour réduire notre dépendance des hydrocarbures. Ce système rentier nourrit, et se nourrit en retour, des problèmes de gouvernance. Celle-ci est la colonne vertébrale des réflexions et propositions du collectif Nabni, qui déplore les effets de l'ajournement des réformes de fond.

La planche à billets, les restrictions sur les importations, etc. n'ont été que des solutions palliatives et à court terme : pourquoi les autorités refusent-elles de parier sur le long terme ?
C'est une question complexe. Plusieurs disciplines scientifiques, dont la psychologie et l'économie, ont tenté d'y répondre. La question étant « dans quelle mesure un individu accorde une préférence au futur proche (ou au présent) par rapport à un futur plus lointain ? ». La réponse est loin d'être simple. Pourquoi une personne qui a le pouvoir de décision, en l'absence de contraintes (politiques, économiques, sociales, etc.), prendrait-elle des décisions difficiles ou risquées dans l'immédiat pour de potentiels dividendes dans un futur lointain dont elle ne maîtrise rien ? La question, vous voyez, est loin d'être simple, et nous interpelle tous. De plus, les gouvernants algériens ont toujours raisonné dans le cadre d'un modèle rentier. Ils ne savent pas faire autre chose que redistribuer la rente. Ils considèrent la crise comme un mauvais quart d'heure à passer... en attendant la remontée des cours du baril de pétrole. Comme nous l'avons souligné dans notre « plan d'urgence 2018 », les solutions mises en œuvre relèvent pour l'essentiel de la gestion de difficultés financières de court terme : endettement par financement monétaire pour couvrir les déficits publics pendant les trois à cinq années qui viennent, limitations administratives des importations pour réduire le déficit commercial, hausses d'impôts en tout genre, réductions budgétaires et reprise de la dévaluation du dinar... Nous ne voyons pas se manifester une réelle volonté de réforme. Cela dit, il est important de considérer cette question dans sa globalité. Il ne s'agit pas de réformes techniques que peuvent décider des technocrates, nous parlons de réformes de fond qui exigent un débat citoyen et la mobilisation de toutes les parties prenantes (associations, partis, syndicats, patronat, institutions, médias...).

Y a-t-il, selon vous, un centre clair et identifié de la décision économique ?

Sincèrement, à moins de nous hasarder dans des spéculations qui ne sont pas notre marque de fabrique, nous ne pouvons répondre à cette question que par des « évidences ». La Constitution algérienne régit de manière claire les différents niveaux de décision en matière économique. Le chef de l'État reste le principal décideur. Mais ce modèle fonctionnait quand les revenus des hydrocarbures permettaient de lancer de grands projets qui satisfaisaient tout le monde (partenaires étrangers, entreprises locales, des pans entiers de la société...). Nous avons raté cette occasion unique de bâtir une économie solide et diversifiée. Nous allons devoir payer l'addition. Nous avons d'ailleurs, lors du débat sur la Constitution, fait des propositions qui vont dans le sens d'un plus grand équilibre des pouvoirs.

Avec LePoint.fr/Afrique

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